Pavillons Vergers

 

 

Présentation :

 

Le projet Pavillons Vergers représente une étape symbolique du développement de Ressources Urbaines. Il est en effet le projet le plus ancien sur lequel la coopérative a travaillé et le premier pour lequel elle a eu l’opportunité d’être elle-même constructrice de nouveaux bâtiments. Après maintenant sept ans de travail et de suivi, ce qui était au départ un rêve un peu fou et un lointain horizon est sur le point de se réaliser. Initié avant même la création de Ressources Urbaines par deux de ses fondateurs, le projet a contribué à mettre en évidence la nécessité de créer une structure solide et pérenne – la coopérative Ressources Urbaines – à même de porter et d’accompagner ce type de processus. Telle était alors la demande des partenaires du projet.

Que de chemin accompli depuis lors pour arriver à ce jour où sa concrétisation est là, à portée de main ! Construire les trois pavillons au 6-10 de la Rue des Coopératives dans l’écoquartier Les Vergers, représente bien plus qu’offrir 6 ateliers d’artistes de 35 m2 chacun et 3 espaces destinés à des activités socioculturelles, c’est permettre à Ressources Urbaines de marquer une étape importante et de valoriser une démarche collective exemplaire. En effet, de par sa nature – l’intégration d’activités artistiques et culturelles dans un nouveau quartier – et au travers du processus de concertation novateur ayant amené à son aboutissement (dialogue entre la Commune de Meyrin, l’État de Genève, Ressources Urbaines et les fondations en charge du financement), ce projet pourrait devenir une référence et ouvrir des pistes d’action pour l’implantation de futurs équipements culturels dans les nouveaux quartiers à Genève.

 

 

Historique :

 

Le projet de construction de pavillons a été initié en 2013. Il s’est cristallisé dans le cadre du processus participatif lancé par la Commune de Meyrin sur le futur du quartier. Tout au long de son développement, il a bénéficié de l’intérêt et du soutien de Meyrin et des coopératives CODHA et Voisinage, constructrices de logements aux Vergers qui souhaitent renforcer, par la présence d’art et de culture, la mixité dans le quartier. En parallèle le projet a aussi, dès son commencement, rencontré un écho très favorable auprès de la plateforme de concertation sur les lieux culturels (plateforme réunissant des représentants des services culturels et de l’aménagement de l’État de Genève et des communes) qui a défendu et mis en avant son intérêt et son exemplarité en tant que « projet pilote » pour l’implantation d’espaces dédiés aux pratiques artistiques et culturelles dans les nouveaux quartiers. C’est grâce à l’aide et au travail conjoint de ces différents acteurs qui ont, dès le début, cru à cette opportunité que les conditions de sa concrétisation ont progressivement pu se réaliser.

Fort d’un droit de superficie renouvelable de dix ans donné par la Commune de Meyrin et grâce à la décision de l’État de Genève d’accorder une dérogation au PLQ (plan localisé de quartier), Ressources Urbaines a déposé en mai 2019 une demande d’autorisation de construire pour trois pavillons de 126 m2 chacun. Cette autorisation a été délivrée le 6 novembre 2019 sans qu’aucun recours ne lui ait été opposé. Afin d’optimiser encore l’implantation des pavillons avec les autres équipements communaux, Ressources Urbaines travaille de concert avec le service d’urbanisme de Meyrin, à l’établissement d’un complément à la demande d’autorisation déjà obtenue. Ce dernier est prêt à être déposé et pourra être traité dès la réouverture du service des autorisations de construire.

Le lancement du chantier de réalisation des pavillons est prévu pour l’automne 2020, lorsque les travaux d’aménagement de la future promenade de la Rue des Coopératives où est prévue leur implantation, seront terminés. Le projet des Pavillons Vergers devrait être finalisé dans le courant de l’année 2021.

 

 

Architecture :

 

Le développement de la forme architecturale des pavillons résulte non seulement des contraintes inhérentes à leur localisation et au projet d’urbanisme préexistant mais également de l’opportunité d’illustrer de manière forte l’implantation d’activités artistiques et culturelles dans un nouveau quartier.

Dans un premier temps, au vu de la dérogation provisoire au PLQ pour une première durée renouvelable de 10 ans, les préoccupations de Ressources Urbaines pour la création des pavillons étaient principalement d’ordre économique (construire aux coûts les plus réduits). En effet, l’impossibilité d’amortir la construction des bâtiments sur une période de plus de 10 ans, a amené la coopérative à développer un projet très basique (une simple boîte en bois).

Ensuite, c’est au travers de différents échanges avec les partenaires du projet – plus spécifiquement la Commune de Meyrin et son mandataire pour l’aménagement des espaces extérieurs – que la nécessité d’élaborer un projet plus ambitieux et emblématique de l’insertion d’un programme artistique et culturel dans le quartier, a été mise en avant. Ces échanges ont aussi amené à un travail de réflexion autour du site des pavillons – création de placettes publiques sur la Rue des Coopératives, flux des piétons sur la promenade, relations avec la lisière du quartier et les immeubles alentours – qui a permis d’informer et définir conjointement des éléments architecturaux répondant au mieux à la situation d’implantation. Les superstructures en toitures et le travail des façades découlent de ce processus.

 

 

Le mouvement des inclinaisons des éléments de toiture triangulaires, très exposés à la vue des habitants du quartier, affirme ainsi fortement la présence des pavillons et crée une articulation visuelle entre paysage et quartier, entre le prolongement de la forme orthogonale de la Ville de Meyrin et la silhouette du Jura et ses collines forestières en contrebas. Sur le pourtour immédiat des pavillons et le long de la Promenade des Coopératives, les toitures occupent et structurent l’espace public des futures placettes piétonnes en offrant des zones d’ombrage. Le mouvement des toitures est répercuté à l’intérieur des espaces avec des plafonds obliques, s’ouvrant d’un côté sur le quartier et, de l’autre, sur l’horizon et la lumière du nord, privilégiée pour le travail des artistes en atelier.

 


 

Les façades colorées longitudinales qui font face aux placettes piétonnes de la Rue et Promenade des Coopératives désirent établir une interface entre une visibilité iconographique sur l’extérieur et le requis des pratiques de travail à l’intérieur des espaces. Le rythme des poteaux supportant l’assise structurelle de la toiture délimite des espaces alternant les pleins et les vides qui permettent de contrôler de manière optimale le degré de luminosité naturelle et le respect de la sphère privée des futurs utilisateurs.

 

 

L’utilisation d’éléments préconstruits en « ossatures bois » reste fidèle à ce qui était envisagé par Ressources Urbaines dès le début du projet. Une matérialité bois comme élément de liaison entre un environnement « dur » et « carré » (la ville) et un environnement plus organique (la nature). Ce type de constructions présentent non seulement un bon bilan économique et une très bonne empreinte écologique mais comportent également un atout important : la possibilité de construire des éléments pouvant être facilement assemblés et démontés. Au vu de l’incertitude liée à la temporalité de la dérogation initiale (10 ans), la nécessité de créer des structures démontables pouvant être réemployées dans un temps ultérieur et redéployées sur un autre site, s’est imposée. Sur le plan énergétique, le projet fait usage d’un modèle performant de pompe à chaleur PAC pour la production de chaleur et respecte les standards Minergie en vigueur dans l’écoquartier des Vergers.

 

 

Planches et illustrations © Ressources Urbaines